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Dans ce contexte, les grandes écoles publiques - ENA en tête - forment plus que jamais une cible de choix. Car voici une autre rengaine qui resurgit : celle des épreuves qui présenteraient par nature un caractère discriminatoire. Au premier rang des accusés : la culture générale. Dans les écoles publiques - les plus directement concernées -, le concours d'entrée comporte généralement une épreuve écrite qui n'a rien de littéraire, mais a pour objet d'évaluer la capacité d'analyser et de comprendre les grands phénomènes contemporains à l'aide de connaissances, de références, de concepts que le candidat tire à la fois de ses acquis personnels et de la formation spécifique qui lui a été délivrée pendant sa préparation. On estime qu'un candidat destiné aux carrières de la haute fonction publique doit avoir quelques références de fond pour comprendre - par exemple - les enjeux actuels de la laïcité et disposer des techniques élémentaires pour en faire l'analyse. Ce n'est pas un exercice de brio littéraire ou érudit, mais un travail demandant à tous - même à ceux que l'on croirait les mieux préparés par leur milieu d'origine - un effort d'application considérable, et la capacité à porter un regard analytique et critique sur les questions d'actualité.

Or l'administration a un besoin impérieux de ces qualités-là, qui s'enseignent et sont accessibles à tous avec le soutien adéquat : « La véritable école du commandement est la culture générale » , écrivait exactement dans cet esprit le colonel de Gaulle en 1934... Vieillerie nostalgique ? Cette phrase a été placée par le sociologue des organisations, spécialiste du management, François Dupuy, en exergue de son livre récent La Faillite de la pensée managériale (qui a pour merveilleux sous-titre « Lost in management » ). Tous ceux qui sont chargés de réfléchir aujourd'hui, dans la confusion générale des slogans politiques et des effets d'annonce, aux questions de réforme des grandes écoles devraient lire ce livre, qui rappelle que « l'évidence n'est pas toujours évidente. » François Dupuy démonte avec humour les « affirmations vagues » et le « verbiage mou » qui « flottent dans le cloud managérial » , nourrissent des « décisions paresseuses » , provoquent confusion et démobilisation, au détriment du « sens commun » que seule favorise justement une certaine culture générale.

Au lieu d'admirer béatement le modèle managérial de l'entreprise, plus contrasté qu'on ne le rêve dans l'administration, il est temps de quitter le pays du « verbiage mou » et des trompeuses évidences pour ressaisir la substance même de « la grande promesse » faite au Tiers État il y a plus de deux siècles. La discrimination positive, surtout telle que nous l'entendons à la française, les quotas qu'on pourrait imaginer ici ou là, pour l'accès à tel ou tel corps, les voies d'accès dérogatoires, toutes ces cotes mal taillées ne sont qu'un vaste alibi pour l'inaction : mais un alibi avantageux pour les privilégiés et destructeur pour ceux qui n'ont plus que l'académisme - autrement dit les connaissances et l'effort personnel - pour se défendre.  (Extrait du Figaro, n°231973).